Alors qu’elles sont aujourd’hui des vraies solutions pour lutter contre le changement climatique et les risques nucléaires, les énergies renouvelables suscitent encore des craintes et des rumeurs. Petite désintox en six points.

1- « Les énergies renouvelables ne sont pas fiables ! »

Puisque le soleil ne brille pas la nuit et que le vent ne souffle pas tout le temps, les énergies renouvelables ne seraient pas fiables… C’est oublier qu’on peut compter sur plusieurs sources d’énergies renouvelables : au solaire et à l’éolien, s’ajoutent la géothermie, l’hydraulique et les énergies marines. Ce « bouquet » d’énergies renouvelables permettrait de couvrir nos besoins nuit et jour, quelles que soient les conditions météorologiques. Et avec les énergies renouvelables, pas de risque de pénurie ! L’énergie que le soleil apporte chaque année à la Terre correspond à 10 000 fois la consommation annuelle d’énergie de l’humanité tout entière.

2- « 100 % d’énergies renouvelables, c’est impossible ! »

S’approvisionner à 100 % en électricité grâce aux énergies renouvelables serait tout à fait possible. C’est ce que démontrent de nombreuses études, notamment celle de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) : d’ici 2050, l’électricité en France pourrait être 100 % d’origine renouvelable. La France représente le deuxième gisement de vent et le cinquième pays le plus ensoleillé d’Europe. l’Hexagone a également encore d’importantes marges de manœuvre pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et des appareils. Et la consommation d’énergie en France diminue déjà d’année en année, ce qui devrait faciliter la transition vers une électricité 100 % renouvelable.

3- « Il faudrait couvrir la France d’éoliennes ! »

C’est un argument souvent avancé : pour pouvoir atteindre 100 % d’électricité renouvelable, la France deviendrait un vaste champ d’éoliennes. Sauf que l’énergie éolienne ne sera pas la seule source d’énergie renouvelable mise à contribution. Selon les scénarios de Greenpeace France et Négawatt, sur l’ensemble des énergies renouvelables, il faudrait pouvoir compter sur 17 000 à 18 000 éoliennes en France. Cela reviendrait à équiper la moitié des 36 000 communes de France d’une éolienne chacune. Il ne s’agit donc en aucun cas de recouvrir le territoire… La France possède déjà 9 000 éoliennes et l’Allemagne 27 800.

De plus, en s’implantant sur l’ensemble du territoire, les énergies renouvelables permettront de générer des revenus localement. Et il ne faut pas oublier que l’énergie qui prend le moins de place, c’est celle qu’on ne consomme pas.

Energies renouvelables

4- « Les énergies renouvelables coûtent beaucoup trop cher ! »

Les énergies renouvelables coûtent de moins en moins cher. Elles sont aujourd’hui compétitives et rentables par rapport à des énergies non renouvelables. Comme pour toute nouvelle filière, les investissements de départ sont importants mais ils commencent déjà à porter leurs fruits. A la clé, plus de 400 000 créations d’emplois non délocalisables d’ici dix ans en France, une électricité sans gaz à effets de serre ni déchets nucléaires, sans danger et sans coûts cachés.

A titre d’exemple, l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables est déjà deux fois moins chère que celle qui sortira de l’EPR de Flamanville, s’il est un jour raccordé au réseau électrique. Plus généralement, neuf ou ancien, le nucléaire coûte de plus en plus cher : les centrales vieillissantes demandent plus d’entretien, il faut investir dans leur mise aux normes de sûreté et de sécurité, gérer les volumes de déchets qui augmentent chaque année, prévoir de démanteler les installations nucléaires… Sans parler du risque d’accident nucléaire qui pourrait coûter à la France jusqu’à 400 milliards d’euros, selon l’IRSN.

5- « Les énergies renouvelables, ça pollue ! »

Comme tout produit industriel, les équipements destinés aux énergies renouvelables ont un impact environnemental, principalement pour leur fabrication et leur démantèlement. Mais cela reste très limité par rapport aux énergies fossiles et nucléaire, malgré certaines idées reçues.

Des éoliennes et panneaux photovoltaïques sans terres rares, c’est possible ! 90 % des panneaux solaires sur le marché ne contiennent pas de « terres rares » mais sont essentiellement composés de silicium. Ils utilisent des métaux qui sont en grande partie recyclables. De même, il est aujourd’hui possible de fabriquer des éoliennes sans néodyme, un métal controversé.

Par ailleurs le recyclage a le vent en poupe et c’est même une obligation légale pour les fabricants et importateurs de panneaux photovoltaïques. Ils doivent reprendre gratuitement les équipements solaires en fin de vie et participent financièrement à la collecte et au traitement des déchets. Aujourd’hui, les panneaux solaires sont entre 95 et 99% recyclables selon les constructeurs (et même 100% pour un producteur français).

6- « Les énergies renouvelables, personne n’en veut ! »

C’est l’argument ultime des défenseurs des énergies fossiles et nucléaire : « les gens ne veulent pas d’une éolienne ou d’un panneau solaire à côté de chez eux… » Et une mine de charbon, un derrick de pétrole ou une centrale nucléaire dans son jardin, tout le monde en veut ? Les sondages d’opinion publiés ces dernières années convergent tous : les énergies renouvelables sont dans le vent ! Une grosse majorité de Français a une opinion positive des énergies renouvelables, y compris de l’éolien, et souhaite que la France investisse plus dans les énergies renouvelables.

Le nucléaire, en revanche, est loin de faire consensus. Les Français sont en grande majorité défavorables à la construction de nouvelles centrales nucléaires et deux sur trois souhaitent fermer d’autres centrales nucléaires, en plus de Fessenheim, d’ici 2028. Ce sont les résultats de la consultation organisée par la Commission nationale du débat public auprès de 400 citoyens tirés au sort, à l’issue de plusieurs mois de débat public sur la politique énergétique.

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Crédits photos : © Jonas Scheu / Greenpeace – © Karuna Ang / Greenpeace