Depuis la publication du « Guide de l’électricité verte » fin septembre 2018, nous avons reçu beaucoup de messages montrant l’engouement des consommateurs et consommatrices pour les énergies renouvelables. Vous nous avez aussi part de vos questions, auxquelles nous avons apporté des réponses dans notre FAQ et… ci-dessous !

« Même si mon fournisseur est 100% renouvelable, c’est faux de dire que l’électricité qui arrive dans la prise est verte »

Effectivement, contrairement à ce que certaines offres « vertes » voudraient faire croire, l’électricité qui arrive dans vos prises… n’a pas de couleur ! Et non seulement elle n’est ni verte ni grise, mais une fois injectée dans le réseau électrique, il n’est tout simplement pas possible de distinguer l’électricité produite par des énergies renouvelables de celle issue des énergies fossiles ou du nucléaire. L’électricité produite est injectée dans le réseau électrique, quelle que soit son origine, et celle qui arrive dans vos prises électriques provient donc de multiples sources, renouvelables et non renouvelables… même si vous avez un fournisseur « vraiment vert » !

Par contre, en choisissant un fournisseur « vraiment vert », vous financez uniquement la production d’électricité renouvelable, sans émission de CO2, ni déchets nucléaires. Et vous ne contribuez donc pas au financement d’énergies très polluantes.

En savoir plus : « Qu’est-ce qu’une électricité verte ? »

Les énergies renouvelables, comme les éoliennes, ont un impact environnemental

« On ne peut pas dire que les énergies renouvelables sont vertes alors qu’elles polluent »

L’expression « électricité verte » est encadrée par des directives européennes : seule l’électricité provenant d’énergies renouvelables (hydroélectricité, éolien, solaire, énergies issues de la biomasse, etc.) peut être qualifiée de « verte ». Cela exclut donc, par définition, les énergies non renouvelables telles que le pétrole, le charbon et le nucléaire.

Mais « électricité verte » ne veut effectivement pas dire « zéro impact ». La fabrication des panneaux photovoltaïques et des éoliennes n’est pas neutre, et même si leur recyclabilité s’améliore, il reste des progrès à faire. Tout dépend également de la taille des installations et de leur lieu d’implantation : un énorme barrage hydroélectrique n’a pas les mêmes conséquences qu’une petite centrale hydraulique au fil de l’eau. Notre constat : si toutes les technologies, y compris renouvelables, ont un impact environnemental, elles ne se valent pas pour autant. L’impact des énergies renouvelables reste bien moindre que celui du charbon et du pétrole. Et contrairement au nucléaire, elles ne produisent pas de déchets radioactifs qui resteront dangereux pendant des milliers voire des centaines de milliers d’années.

Greenpeace défend un objectif : produire de façon moins polluante mais aussi consommer moins. Il est indispensable de réduire notre consommation d’électricité : isoler les logements permettrait de diviser par trois la consommation de chauffage ; éteindre les équipements dans les bureaux la nuit permettrait d’économiser un tiers de leur consommation d’électricité… Le potentiel d’économie d’énergie en France est énorme et il serait temps de l’exploiter.

Mais en attendant, il faut aussi développer des modes de production d’électricité ayant la plus faible empreinte écologique possible, même si « électricité verte » ne signifie pas zéro pollution.

En savoir plus :

« Changer de fournisseur d’électricité, ce n’est pas faire un geste pour le climat »

En France, l’essentiel des émissions de gaz à effets de serre provient des transports et de l’agriculture. Pour autant, l’impact de la production d’électricité n’est tout de même pas nul : en 2017, elle était encore responsable de 27,9 millions de tonnes de CO2. Le choix de votre fournisseur d’électricité n’est donc pas anodin pour le climat, même si ce n’est qu’un geste parmi beaucoup d’autres.

Tous les fournisseurs qui se retrouvent en bas de notre classement continuent de produire de l’électricité issue d’énergies fossiles ou contribuent à investir dans les énergies fossiles très nocives pour le climat, y compris certains qui proposent des offres dites « vertes ». C’est le cas de Total Spring ou Direct Energie dont la maison mère continue d’investir massivement dans l’extraction pétrolière, mais aussi d’EDF et d’Engie qui disposent encore de capacités de production d’énergie fossile en France, en Europe et dans le monde (centrales à charbon et à gaz, selon les données publiques 2017). Se détourner de ces fournisseurs, c’est agir concrètement pour le climat.

Le nucléaire émet peu de CO2... mais n'est pas une solution pour le climat et l'environnement

« Vous dénigrez le nucléaire alors que c’est bon pour le climat »

On entend souvent dire que comme le nucléaire émet peu de CO2, il serait bon pour la planète et le climat. Mais il faut faire attention aux fausses solutions : en dépit de sa faible empreinte carbone, le nucléaire génère des quantités importantes de produits polluants et dangereux pour l’environnement tout au long de la chaîne industrielle, de l’extraction de l’uranium dans des pays étrangers à l’entreposage des résidus hautement radioactifs aux quatre coins de France. Ces déchets radioactifs extrêmement dangereux continuent de s’accumuler. Certains mettront des centaines, des milliers voire des millions d’années à perdre leur nocivité. Et on ne sait toujours pas qu’en faire. Après les avoir jeté à la mer, l’industrie nucléaire voudrait aujourd’hui les enfouir en profondeur, comme envisagé par le projet Cigéo à Bure : or ce n’est pas une solution viable et durable. Le nucléaire est donc bien une source d’énergie non renouvelable, polluante et dangereuse. D’ailleurs, il n’est pas défini comme « vert » ou « renouvelable » par les directives de l’Union européenne.

Seul point commun du nucléaire avec les énergies renouvelables : il émet beaucoup moins de CO2 que les énergies fossiles. Ce n’est cependant pas une énergie « décarbonée », contrairement à ce que voudrait faire croire l’industrie nucléaire. Plusieurs experts du nucléaire, dont Benjamin Sovacool et Yves Marignac, évaluent les émissions de CO2 du nucléaire à 66 g par kWh (contre 6, selon l’industrie nucléaire française). Un chiffre qui reste limité par rapport à ceux du pétrole, du charbon ou du gaz. Mais ce point commun avec les énergies renouvelables n’en fait pas une source d’électricité durable ou propre pour autant.

En savoir plus :

« Sur quoi repose votre méthodologie de classement des fournisseurs d’électricité ? »

Notre méthodologie s’est appuyée sur l’analyse des réponses des fournisseurs à une série de questions détaillées sur leurs sources d’approvisionnement et leurs investissements passés, présents et futurs, ainsi que de données collectées dans des rapports publics sur l’année 2017. Il ne s’agit pas d’un classement des sources d’énergie, mais d’un classement des fournisseurs d’électricité selon leurs approvisionnements et investissements dans les énergies renouvelables, fossiles ou nucléaires.

Vous pouvez retrouver ces informations synthétisées sur chacune des fiches consacrées aux fournisseurs et obtenir des réponses à ces questions : financent-ils du charbon, du pétrole ou du gaz, nocifs pour le climat ? Participent-ils à la production de déchets nucléaires ? Selon cette logique, plus les fournisseurs s’approvisionnent en électricité d’origine non renouvelable (fossiles et nucléaire) ou contribuent à leur financement, plus ils sont mal classés.

Retrouvez davantage de réponses à vos questions dans notre FAQ